Copilot dans Power BI : que peut-il vraiment faire ?
- Groupe Kronoscope
- il y a 2 jours
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Copilot est intégré à Power BI depuis fin 2023. Les promesses sont connues, les conditions d'accès beaucoup moins. Cet article fait le tri, documentation Microsoft à l'appui. Vous saurez si Copilot est utile dans votre contexte.
Un exemple simple avant toute technique
Prenons trois questions posées au volet Copilot d'un rapport de ventes. Le même rapport, le même modèle, trois résultats très différents.
« Résume ce rapport » → réponse obtenue. Copilot lit les visuels de la page.
« Quel est le chiffre d'affaires par région ? » → réponse obtenue. La mesure existe dans le modèle.
« Pourquoi le chiffre d'affaires a-t-il baissé en mars ? » → aucune réponse fiable. La cause n'est nulle part dans le modèle.
La règle tient en une phrase. Copilot restitue ce que votre modèle contient déjà.
Ce que Copilot sait faire dans Power BI
Copilot n'est pas une fonction unique. C'est une famille d'expériences. Chacune a son périmètre et son état d'avancement.
Pour l'utilisateur métier : dialoguer avec un rapport
Le volet Copilot s'ouvre à droite d'un rapport ouvert. Il est en disponibilité générale. Il résume une page ou un thème précis. Il répond aussi aux questions portant sur le modèle sémantique. Les résumés peuvent être joints aux abonnements par e-mail.
Deux autres expériences existent. Le Copilot autonome plein écran interroge tous les rapports accessibles. Le Copilot d'application se limite au contenu de l'application. Ces deux expériences sont en préversion.
Pour le créateur de rapports : générer des pages et du DAX
Copilot crée et modifie des pages de rapport à partir d'une instruction. Il rédige des requêtes DAX dans la vue Requête DAX. Il explique une requête existante ou une fonction DAX. Il génère enfin des descriptions pour vos mesures.
Requête DAX, pas mesure DAX
Copilot génère une requête EVALUATE, pas une mesure prête à coller. Vous exécutez la requête, puis vous décidez de la conserver.
La syntaxe est vérifiée, et l'invite est retentée une fois. Si la seconde tentative échoue, la requête est renvoyée avec un avertissement.
Ce que Copilot ne sait pas faire
Il ne lit pas vos données, il lit vos métadonnées
C'est le point le plus mal compris. Copilot s'appuie sur les métadonnées du modèle. Il voit les tables, les colonnes, les mesures et les relations. En mode Import, il peut lire des valeurs minimales et maximales. Rien de plus.
La conséquence est directe. Copilot ne repère pas une anomalie dans une ligne. Vos descriptions sont par ailleurs tronquées à 200 caractères. Au-delà de certains volumes, les métadonnées sont réduites, voire Copilot devient indisponible. Les seuils sont notamment 500 tables, 10 000 colonnes et 5 000 mesures au total.
[[ IMAGE 1 ici — copilot-power-bi-metadonnees.avif ]]

Il ne remplace ni la modélisation ni le DAX avancé
Un modèle plat et mal nommé produit des réponses génériques. Microsoft écrit que les sorties peuvent même être trompeuses. Les fonctions DAX récentes peuvent lui être inconnues. Ses explications sont alors parfois fausses.
Dernier point, souvent oublié en réunion. Le comportement de l'IA n'est pas déterministe. La même question peut donner deux réponses différentes.
Copilot accélère
Première maquette de page, brouillon de requête DAX, résumé d'un rapport, rédaction des descriptions de mesures.
Copilot ne décide pas
Choix du schéma, règles de gestion, arbitrage d'un écart, validation métier d'un indicateur. Cela reste votre travail.
Licence et capacité : le vrai ticket d'entrée
F2 ou P1, et surtout pas Pro ni PPU seuls
Copilot exige une capacité Fabric payante F2 ou supérieure. Une capacité Power BI Premium P1 ou supérieure convient également. Une licence Pro ou PPU seule ne suffit pas. Microsoft l'écrit noir sur blanc dans sa documentation officielle. Les SKU d'évaluation et les capacités d'essai sont exclus.
Attention à une information périmée très répandue. Le seuil était fixé à F64 jusqu'au 30 avril 2025. Il est descendu à F2 depuis cette date. De nombreux articles français citent encore F64.
Côté Desktop, la règle est particulière. Il faut un accès en écriture à un espace de travail sur capacité éligible. Le bouton Copilot reste toujours visible dans le ruban. Il apparaît simplement grisé si le paramètre du locataire est désactivé.

Chaque question consomme de la capacité
Copilot n'est pas un forfait illimité. La facturation se fait au jeton, contre votre capacité. Microsoft publie trois tarifs pour 1 000 jetons.
Invite en entrée : 100 secondes CU.
Invite en entrée mise en cache : 10 secondes CU.
Réponse en sortie : 400 secondes CU.
Microsoft donne un exemple chiffré. Une requête de 2 000 jetons en entrée et 500 en sortie coûte 400 secondes CU. Cela représente 6,67 minutes CU pour une seule question. Les opérations Copilot sont des travaux d'arrière-plan, lissés sur 24 heures. Une capacité épuisée arrête toutes les opérations, pas seulement Copilot.
Préparer son modèle pour Copilot
Sans préparation, Copilot déçoit. Microsoft le dit explicitement dans sa documentation. Trois outils existent, regroupés sous le bouton « Prep data for AI ».
Schéma de données IA, réponses vérifiées et instructions IA
Le schéma de données IA restreint ce que Copilot regarde. La réponse vérifiée associe une phrase déclencheur à un visuel précis. Les instructions IA transmettent votre vocabulaire métier.
Deux détails comptent en pratique. Q&R doit être activé sur le modèle sémantique. Et tout est enregistré sur le modèle, jamais sur le rapport.
Marquer le modèle « Approved for Copilot »
Le réglage se trouve dans les paramètres du modèle sémantique. Il retire l'avertissement affiché par le Copilot autonome. La prise en compte demande en général une heure. Elle peut atteindre 24 heures sur un modèle très utilisé.
Une limite mérite d'être connue. On ne peut approuver ni un rapport, ni un tableau de bord, ni une application.
Les limites à connaître avant de promettre quoi que ce soit
Le français n'est pas officiellement pris en charge
Le point est rarement signalé en France. Microsoft indique que les invites hors anglais donnent parfois des réponses pertinentes. L'usage multilingue n'est pas officiellement pris en charge à ce jour. Testez donc vos propres invites avant tout engagement auprès des utilisateurs.
Bon à savoir
La limite d'invite est de 10 000 caractères, sur toutes les surfaces Copilot. Vous pouvez donc donner un contexte long et détaillé en une seule fois.
Préversion, régions et cache de 24 heures
Seul le volet Copilot d'un rapport est en disponibilité générale. Le Copilot autonome et celui des applications restent en préversion. Plusieurs régions ne sont pas encore couvertes. Les clouds souverains ne sont pas pris en charge.
Deux délais surprennent souvent les équipes. La même invite sur un modèle inchangé renvoie une réponse en cache pendant 24 heures. Et après l'achat ou l'agrandissement d'une capacité, comptez également jusqu'à 24 heures.
Faut-il activer Copilot dans votre organisation ?
Trois conditions rendent Copilot rentable. Un modèle en étoile propre, des mesures nommées et décrites, un budget de capacité assumé. Sans ces trois éléments, les réponses déçoivent. Le problème vient alors du modèle, pas de l'IA.
Notre position
Commencez par la modélisation, pas par l'abonnement. Copilot amplifie la qualité existante d'un modèle. Il ne la crée pas.
Un pilote reste la meilleure approche. Activez Copilot pour un petit groupe. Mesurez la consommation dans l'application Metrics. Extrapolez ensuite avant tout déploiement large. Besoin d'un avis sur votre modèle ? Échangeons lors d'un rendez-vous offert.



